17.5.26

 Sixième temps d’écriture en ligne dimanche 7 juin. 


19h-21h heure du Japon.



Sessions d’écriture en ligne initiées par Jean-Christophe Hélary à Takamatsu, et inspirées par l’association Paren(Thèse) en Ligne.


Visio : https://meet.jit.si/OnPenseÀQuoiIci2026


Framapad pour celles et ceux qui veulent écrire sur la même page, en même temps :


https://annuel.framapad.org/p/on-pense-a-quoi-ici--ecrire-a-tokyo-2026-aiw5


Programme proposé : 40 minutes d’écriture, 10 minutes de pause, 40 minutes d’écriture, 30 minutes d’échanges. Les personnes qui ne souhaitent pas faire de pause sont libres de couper les haut-parleurs pour ne pas être gênées.

Vous pouvez passer seulement dire bonjour et continuer à faire la cuisine ou la vaisselle à défaut d'écrire.

1.5.26

Projet : (re)lire Nicolas Bouvier




Cet appel porte sur une proposition de mener une re-lecture commune commentée de Nicolas Bouvier, concentrée sur le livre de moindre notoriété qu’est Le Vide et le Plein - Carnets du Japon. Il s’agira de confronter les ressentis de (re)lecteurs sur une chronique d’un Japon historiquement révolu, peut-être, à la lumière de ses propres expériences de résidant, de visiteur, ou de résidant éloigné. Il s’agira aussi et surtout de le confronter à d’autres lectures - ou à ses propres écrits ou projets d’écritures - qui n’ont pas nécessairement pour sujet le Japon. 


Le scénario proposé est d’organiser une session mensuelle avec un préalable de lecture d’une certaine quantité de pages à partir de juin prochain.

On vise dans l’immédiat une date à mi-juin pour une première session, avec une préférence pour un samedi ou un dimanche. A cette date (1er mai), quatre personnes sont intéressées à participer.

L’ouvrage peu volumineux en gros caractères fait 250 pages dans l’édition de poche Folio. Si vous êtes intéressés entrez en contact. 

30.4.26

On pense à quoi ici? #5 Dimanche 3 mai - Temps d’écriture en ligne

 


Cinquième temps d’écriture en ligne le dimanche 3 mai. 


19h-21h heure du Japon.


Sessions d’écriture en ligne initiées par Jean-Christophe Hélary à Takamatsu, et inspirées par l’association Paren(Thèse) en Ligne.


Visio : https://meet.jit.si/OnPenseÀQuoiIci2026


Framapad pour celles et ceux qui veulent écrire sur la même page, en même temps :


https://annuel.framapad.org/p/on-pense-a-quoi-ici--ecrire-a-tokyo-2026-aiw5


Programme proposé : 40 minutes d’écriture, 10 minutes de pause, 40 minutes d’écriture, 30 minutes d’échanges. Les personnes qui ne souhaitent pas faire de pause sont libres de couper les haut-parleurs pour ne pas être gênées.

Vous pouvez passer seulement dire bonjour et continuer à faire la cuisine ou la vaisselle à défaut d'écrire.

24.4.26

Pouffer à Edo, en rire à Tokyo

 


Un seul EC vous manque

Et tous sont bidonnés.


Le livre, tel que vu exposé à SUB-Store, Koenji.


15.4.26

Report : Jeudi 16 avril au vendredi 17 avril

 



Un verre jeudi 16 avril à SUB-Store

, Koenji, à partir de 19h30.


Changement de date et de lieu.


Rdv à la sortie de la station Koenji à 19h

Izakaya Kaya (au nord)

https://maps.app.goo.gl/fEHDBjjSYssjnMi76?g_st=ic

Si vous venez, faîtes signe svp. 

24.3.26

Achetez le livre Ecrire à Tokyo

 


Le livre Ecrire à Tokyo paru en 2024 est toujours disponible en petite quantité. Le stock se trouve d’abord en France et quelques copies sont disponibles au Japon. Les 100 premières copies sont parties comme si un bestseller. Il en reste encore une cinquantaine sur le second tirage de 100 copies. 

Si vous ne l’avez pas lu, commandez-le pour 18 euros, hors frais d’acheminement. Selon les destinations, un passage de mano a mano est possible, surtout à Paris ou à Tokyo. 

C’est une bonne action, et un bon livre.


Voir les détails ici

18.3.26

On pense à quoi ici? #4 Dimanche 5 avril - Temps d’écriture en ligne

 


Quatrième temps d’écriture en ligne le 5 avril. 

19h-21h heure du Japon.

Sessions d’écriture en ligne initiées par Jean-Christophe Hélary à Takamatsu, et inspirées par l’association Paren(Thèse) en Ligne.

Visio : https://meet.jit.si/OnPenseÀQuoiIci2026

Framapad pour celles et ceux qui veulent écrire sur la même page, en même temps :

https://annuel.framapad.org/p/on-pense-a-quoi-ici--ecrire-a-tokyo-2026-aiw5

Programme proposé : 40 minutes d’écriture, 10 minutes de pause, 40 minutes d’écriture, 30 minutes d’échanges. Les personnes qui ne souhaitent pas faire de pause sont libres de couper les hautparleurs pour ne pas être gênées.

11.3.26

Annonce : Ecrire à Tokyo - Session #64 - Mercredi 1er avril

 


Une session en ligne aura lieu le mercredi 1er avril prochain à 19h, heure du Japon, en présence de Victor Krywicki, auteur du texte : 


Amateurs et logiques de domination en sociologie de la littérature - Réflexions sur l’« écrivant ordinaire »


Le lien vers la session sera difusé auprès des inscrits à la liste de diffusion. Si vous n’en êtes pas mais souhaitez participer, entrez en contact pour recevoir ce lien à l’avance. 

Diffusez cette annonce, merci.

10.2.26

On pense à quoi ici? #3 - Temps d’écriture en ligne 8 mars prochain

Un temps d’écriture en ligne le 8 mars. 19h-21h heure du Japon.

40 minutes d’écriture. 10 minutes de pause, 40 minutes d’écriture, 30 minutes d’échange. 

Visio : https://meet.jit.si/OnPenseÀQuoiIci2026

Framapad pour celles et ceux qui veulent écrire sur la même page, en même temps :

https://annuel.framapad.org/p/on-pense-a-quoi-ici--ecrire-a-tokyo-2026-aiw5


On pense à quoi ici? sont des sessions d’écriture en ligne initiées par Jean-Christophe Hélary à Takamatsu, et inspirées par l’association Paren(Thèse) en Ligne.

29.1.26

Appel à contribution et participation: Stratégies d’écritures correctives

Comme annoncé en fin d’année dernière, les sessions thématiques d’Ecrire à Tokyo ne sont désormais plus mensuelles mais uniquement organisées sur la base de propositions et de la réunion préalable d’un nombre suffisant d’intentions de participer.


Suite à une discussion en ligne improvisée avec Ilan Nguyen 


je lance un appel à contributions et expression d’envie de participer à une session sur le thème des “Stratégies d’écritures correctives”, titre ballon d’essai sans certitude d’adéquation aux réflexions envisagées.

Clarification :

- Ce qui distingue le discours grand public très contemporain sur le Japon, au moins en français, dans l’écrit pour commencer, c’est l’énorme expansion de ses acteurs hors le canal classique de l’édition diffusée via le livre. Son segment “auteurs incontournables” semble avoir périclité récemment.

- Cette production massive amplifiée par l’IA sature le discours autour du Japon porté par des non-japonais d’un formidable halo de bêtise. Cette production d’idiotie n’est en soi pas nouvelle. Ce qui est nouveau est son volume et l’ultra-positivité associée, deux caractéristiques totémiques. 

- A l’origine d’Ecrire à Tokyo se trouvait un ressenti à intensité variable selon les participants d’un malaise vis-à-vis des “grands auteurs” incontournables, pour la plupart non-japonophones, mais étant passés par la case Japon, pour ensuite y gloser sur leur nombril dans le miroir japonais auréolé en conséquence d’un certificat de compétence. 

- Sur ce point, il n’est pas question de retourner à la case départ. Le désossement du mamouth de l’engouement pour le Japon exprimé par l’écrit s’est achevé au bout de 63 sessions. On a compris.

- La question exposée par Ilan dans cet échange privé en ligne est sa décision de passer du silence énervé, amusé ou dépité, à une reprise du pouvoir de l’écrit sur le Japon. Que cette volonté d’écrire d’autres choses n’ait et n’aura aucun impact sur le déferlement du discours totalitaire n’entre pas en compte. Ce n’est pas de don-quichotisme dont il s’agit. 

- Il se trouve que l’on est probablement à un moment charnière de ce discours nébuleuse massive. Les acteurs écrivants de la japonolâtrie au service de la diplomatie culturelle sont à l’âge de la retraite, ou ont épuisés leurs cartouches, où sont passés à d’autres choses, d’autres lieux et d’autres sponsors. On ne citera pas de noms d’auteurs iconiques. D’autres arrivent ou sont en place mais moins via l’écrit.

- Hormis la déferlante, il semble que le grand remplacement, hors le marketing dont le livre est devenu un outil uniquement pour vendre le Japon - n’a pas eu lieu. 

- Le retrait de l’écrit au bénéfice des modes audiovisuels d’expression n’est pas la seule explication, mais quand une destination est devenue un hypermarché de sushis et de bols de nouilles avec portail de temples en perspective, la validité de continuer dans la veine imbu-de-soi-au-Japon pour les auteurs - villa-kujoyamaïsés ou pas - qui monopolisaient cette veine, devient probablement caduque. C’est plutôt de désertion dont il s’agit, aussi face à cette déferlante ingérable et assourdissante. 

- La session proposée portera moins sur l’analyse trop facile de cet état des lieux que sur l’état des lieux de nouveaux écrits, et de passages à l’acte de “l’écriture corrective”. 

Vous êtes invités à exprimer vos envies de contribuer et participer à une session qui sera programmée en fonction de vos réponses. 

On pense à quoi ici #2? : Temps d’écriture 8 février

 Un temps d’écriture en ligne le 8 février. 19h-21h heure du Japon.

40 minutes d’écriture. 10 minutes de pause, 40 minutes d’écriture, 30 minutes d’échange. 

Les personnes qui ne souhaitent pas faire de pause sont libres de couper les hautparleurs pour ne pas être gênées. 

Le lien vidéo :

https://meet.jit.si/OnPense%C3%80QuoiIci2026


8.1.26

On pense à quoi ici? #1: Temps d’écriture, 18 janvier

Le 18 janvier prochain aura lieu un Temps d’écriture, de 19h à 20h30, heure du Japon.


Ce qu’il faut savoir.


 90 minutes dont 60 sans caméra/micro et 30 minutes d’échanges, sur les choses qu’on vient d’écrire, ou pas. 


Objectifs :
▢ alimenter la revue en ligne « Écrire à Tokyo » (ici https://leqtokyo.blogspot.com)
▢ poser des briquettes pour un Vol 2 du livre papier
▢ alimenter son propre blog ou autre production écrite par soi en ligne



Thème : on pense à quoi ici?


Questions? Posez-les à ecrireatokyo@gmail.com

2.12.25

Pour clôturer l’année 2025 : apéritif à Koenji vendredi 19 décembre

 


La dernière session de 2025 n’en sera pas une mais un apéritif et plus le vendredi 19 décembre à partir de 19h. à Koenji, Tokyo.

Les détails et ce qui vient en 2026 figurent sur la top page du site ecrirea.tokyo.

20.10.25

Session #63 1er décembre


La session #63 aura lieu lundi 1er décembre à 19h, heure du Japon.

Thème : Expériences de libraire, discussion et échange entre Renaud-Selim Sanli, libraire et éditeur aux éditions météores (https://editionsmeteores.com/) à Bruxelles et Juliette Romero, ancienne libraire à la librairie candide (*) et organisatrice de salons d’édition indépendants (Salon Mirage, Nazcas festival) à Bruxelles.

Un bouquet de liens :

https://www.rtbf.be/article/dans-le-quartier-des-marolles-la-librairie-meteores-defend-sa-litterature-10934939


L’affaire sera menée en principe sur Google Meet avec le lien diffusé dans la boucle des incrits aux annonces. Si vous souhaitez participer mais ne pas figurer dans la boucle, contactez ecrireatokyo@gmail.com. Le lien vous sera envoyé un quart d’heure avant le début de la session qui se pratique micro et caméra ON.  

14.10.25

Session #62 samedi 18 octobre à 19h, heure du Japon

 


La prochaine session d’Ecrire à Tokyo aura lieu samedi prochain 18 octobre à partir de 19h, heure du Japon. Si vous ne figurez pas dans la boucle des annonces mais souhaitez y participer et contribuer même avec un regard extérieur au bilan un peu précoce de cette année, connaître les grandes lignes de ce qui s’est passé depuis juillet 2020, date de la session #1 et évoquer les perspectives de pérennisation de cette dynamique pour au moins l’an prochain, il suffit d’en faire la demande à ecrireatokyo@gmail.com. Pour des raisons techniques, le lien vers Google Meet sera diffusé un quart d’heure avant le début. 

2.10.25

Nouvelle Gène


 Il est un invariant. La méthode dont l’Auteur se construit et est reconnu comme bâtisseur d’une référentialité, une notoriété dans un domaine culturel donné. Prenez le Japon (au hasard). Prenez Yourcenar, prenez Forest. Dans chaque cas, il y a séjour, très court pour l’une, plus long et répétitif pour l’autre. La Mise en Oeuvre référentielle dans les deux cas va être de produire des écrits, qui romanesques, qui exégètes, les deux c’est mieux, autour de l’objet Japon. On sort la truelle et on bâtit. Dans les deux cas, indifféremment de la longueur du vécu sur place, le volet exégète va constituer à articuler des discours, gloser sur des auteurs Japonais au moins, pas seulement des notes de circularité sur la Yamanoté - un volet esthétisme japonais fera très bien dans le cv - mais avec une seule condition stratégique : que ces références, objets d’exégèse soient déjà largement traduits dans la langue de l’auteur, c’est à dire qu’il existe un corpus solide référent de l’objet de l’exégèse pour que le lecteur visé s’y retrouve, entre gens de bonne compagnie intellectuelle. Qu’il s’agisse de Yourcenar ou Forest, il est possible - je ne suis pas spécialiste - qu’aucun ne soit découvreur. 


Il existe bien entendu des contraintes majeures à découvrir ou révéler des auteurs non-traduits et se positionner ainsi comme passeur, à commencer par la méconnaissance de la langue - difficultés maintenant toutes relatives avec l’IA. Une fois pour toute, cette méconnaissance n’est pas un défaut mais un marqueur de ce que les gloseurs et exégètes par exemple francophones sur la chose Japon pour laquelle ils ont développé un engouement vendable ont toujours été des non-japonisants, ce qui les opposent tellement aux universitaire japonologues contemporains que l’on oublie, dès lors que l’on n’est pas soi-même dans le monde universitaire. Il y a un paquet de gens qui lisent et parlent dans la langue cible, qui ne se recrutent pas dans le littéraire, hormis de façon accidentelle, mais à l’université. Pour autant, peut-on concevoir un amouraché auteur de l’Italie ne s’investissant pas dans la langue de la botte? Certes Dumas, trop occupé, a glosé sur le macaroni, mais l’autre enfin! Vous voyez de qui je veux parler non?


- On demande Monsieur Beyle à la réception.


C’est bien cette particularité de  la production exégèsétique de ces auteurs qui est remarquable de similitude, construire l’oeuvre sur des textes déjà accessibles dans leur langue. La découverte et la transmission de l’inconnue en langue cible n’est donc pas l’axe de travail de l’auteur parce que, plus que son incapacité à lire les textes d’origine, c’est l’inadéquation de la découverte et de la révélation des non-traduits avec une stratégie éditoriale qui est le point névralgique de la compréhension de la méthode de bâtisseur de l’oeuvre référentielle. Il faut que cela résonne avec le lecteur, et cette résonnance est donc totalement liée à la pré-existance d’un corpus de textes déjà traduits et diffusés, lus, dans ce cas-ci en français, Kawabata, etc. Dans le cas de Forest, on peut et on doit être un peu absourdi quand c’est un photographe connu pour être célèbre - génuflexion, ou silence, t’as pas le choix - qui est mis en exergue, et l’auteur s’est mis en exergue glosante, avec Araki. Car dans le visuel au moins, on pourrait penser que se faire découvreur est beaucoup plus accessible, puisqu’il s’agit d’abord ni plus ni moins que d’ouvrir l’oeil. Ce choix d’un photographe archi-connu déjà “lu” dans l’aire de distribution du bouquin entre parfaitement dans la même logique. Alors qu’un nombre incalculable de photographes Japonais existe, ce ne pouvez être que lui, enfin!


Et donc, en tant que bâtisseurs, ces auteurs construisent un monde qui se voit enfler, s’étendre comme SimCity par la dynamique glossante et scénarisée qui progressivement s’installe autour de leurs oeuvres, les éxégèses sur leurs exégèses, les gloses critiques sur leurs oeuvres, les articles et thèses, les colloques, et surtout maintenant les incontournables - dans le meilleur des cas d’extensions - que sont la mise en scène, la mise en spectacle avec au minimum la lecture à voix haute par l’auteur lui-même, le podcast en série par un lecteur célèbre seul en scène ou devant le micro. Il y a des lectrices célèbres aussi, ok. 


L’image de SimCity colle bien avec l’affaire, car à force d’accumuler, de juxtaposer des constructions souvent similaires qui reprennent en boucles et intensifient les traits et méthodes des oeuvres de base, on obtient une ville, univers au centre duquel se trouve l’auteur, et dans lequel brille l’absence des auteurs et artistes invoqués, exégètisés, sinon que comme noms majeurs et massifs, des blasons : Kawabata, Araki, etc. Que ceux-ci soient encore vivants ou pas ne change rien à l’affaire, ils sont absents, physiquement, comme dans ces colloques sur le Japon où sur scène la majorité si pas la totalité des intervenants sont des Blancs. On se retrouve alors à l’identique d’un colloque japonais sur un sujet altérique, altérisé, où le sujet, colloque sur les pandas, est absent de la scène, sauf en caméo sur un slide PowerPoint. Le Japon est ainsi vu de l’espace francophone (pas très différent dans le monde anglophone) dans lequel brille l’absence du sujet invoqué. Comment pourrait-on supporter la présence esprit du sujet et l’invoquer s’il fut présent? Il en résulte et totalement une construction SimCity de la glose enflée, donc avant tout un reflet de ce que les enfleurs veulent voir de leur objet d’intérêt ou de désir : eux-mêmes dans le miroir nippon.


Il se trouve, une hypothèse, que les écrits japonimbus, japonosatisfécits nombrilistes, les dictionnaires amoureux t’a pas le choix d’aimer sinon tu la fermes (mais aimer quoi au fait hormis la vue de son nombril dans un miroir déformant ?), forment la queue d’une comète qui s’en va. On peut penser - l’avenir me contredira - que Ryoko Sekiguchi, une exceptionnalité exceptionnelle d’adaptation au parisianisme - respect - doit maintenant, plutôt que de poursuivre dans la montée en mayonnaise olfactive, officier à des dégustations privées et confidentielles de sakés à Niseko devant un parterre d’ultra-riches francophones débarqués en jets privés qui mitraillent à l’iPhone hyperpro modèle 73. Et donc? Et donc rien, même s’il y a nature ici à fictions gonflantes d’évidences. Mais quid de l’hypothèse? Ceci : les écrits japonophiles - qui comprennent aussi ceux des engouementés qui médiocrisent dans l’affirmation de ne pas être bêtement amourachés mais aussi critiques vis-à-vis de l’objet Japon - ah mais! c’est pas si rose que ça comme les cerisiers mais on vous le coolise - voir la revue torchon Tempura -  ont atteint un plateau, à preuve, leur disparition dans les piles de nouveautés. Quasi-disparition. Même la mère Nothomb et sa machine éditoriale n’a pas pondu un re-Japon-regret cette année. L’an prochain, mais sans doute pas que.


Lors d’un passage encore récent en mémoire dans l’hexagone, il s’est passé quelque chose de l’ordre de la coïncidence “hénaurme!” la seule fois que j’ai croisé un écran télé allumé, sans l’avoir pour rien au monde allumée moi-même (juré) : la diffusion de cette publicité sur les biscuits LU chocolatés qui se déroule en dialogue avec Tokyo d’un côté, et quelque part dans un 7e arrondissement d’une quelconque métropole française. Inutile d’en faire la description. Il suffit de la voir. J’étais soufflé. Le voyage au Japon - pour les garçons seulement - donc le voyage à Tokyo, est devenu Le voyage en Indes des années 60, donc le voyage initiatique générationnel. Les prémices existent déjà d’une littérature Visa Travail Vacances (et Maman sur WhatsApp tous les jours ça va mon petit je t’ai envoyé par Collissimo une jacquette et un pot de beurre. Lucas t’a glissé dans le paquet un quelque chose qui va  te rappeler ton enfance en cours). En prévision, le Prix littéraire Vacances Travail cosponsorisé par LU et Nutella, deux biscuits collés l’un sur l’autre. Si vous entendez ici de l’ironie, c’est que vous n’avez rien compris à l’objet de ce texte.


Y a-t-il une littérature jeunesse (Gène Y ou Z?) conséquente à Erasmus?


Toujours est-il que je déclare morte mais pas enterrée une phase antérieure de la littérature japonamourachée de vieux. Place à une nouvelle génération, mais dans l’immédiat, le sentiment de vide domine, et aussi la crainte de l’ennui. Heureusement que l’on peut toujours lire ailleurs. Monsieur Beyle est arrivé à Milan. Descendu fourbu de la calèche, il courre à l’opéra. 

25.9.25

Dans les caves de la résistance tokyoïte





Notes ébouriffées et décousues d’une lecture superficielle de Cénaclières paru chez abrüpt en juin dernier, auteurs Nor Do : 

Né au XXVe siècle, le collectif Nor Do est au départ le nom de code des hackeuses de l’Arché-Tokyo, dont la tâche consistait alors dans le piratage des Odonomos, drones supports de la dictature mondiale de l’époque.

L’ouvrage est une traduction au XXXIe siècle due au duo Marie-Anaïs Guégan et Romain Lossec. Marie-Anaïs Guégan a passé une thèse intitulée “La forosphère littéraire. Histoire, sociabilités et poétique des écrivain·es de la génération Y sur les forums d’écriture (2005-2024)”, thèse dont l’objectif est “d’écrire l’histoire de ce que nous appelons la forosphère littéraire, cette nébuleuse de forums qui existe toujours aujourd’hui, quoique plus restreinte puisque concurrencée par les réseaux sociaux et les plateformes propriétaires dédiées à l’écriture”.


Autant dire pour l’auteur de ces lignes de 66 ans qu’ici est un territoire moins familier que la planète la plus proche de la Voie lactée.


Le premier réflexe fut d’extraire les premières apparitions du terme “Tokyo” dans le fichier pdf du livre, d’abord dans la table des matières. Ce qui suit est extrait de l’ouvrage. La mise en page n’est pas d’origine.


Troisième période :

Bouquinistes et naissance des RPT (Réseau des Poétesses Tokyoïtes) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67

Quatrième période :

Poétesses Tokyoïtes de New York . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97

Cinquième période :

Les Brodeuses de l’Arché-Tokyo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123


« Je rêve d’un Réseau

Mondial des Kathy·s Tokyoïtes ».


Le Réseau des Poétesses de

Tokyo : Le Réseau de Mawatari Sayoko22, Le petit livre de conseils à mes sœurs du RPT parisien

d’Albertine du Coëtlosquet23 ou encore le

célèbre Manifeste Tokyoïte de New York du col-

lectif du Réseau NWC24, qui témoignent tous

de l’importance originelle, dans la constitution

de cette unité cénaclière, du réseau.


Dès 2039, et alors qu’en Europe l’intérêt

pour les Salonnières et pour le très récent

mouvement des « bouquinistes des quais »

est fort, Kamiya Sayoko fonde le Réseau des

Poétesses Tokyoïtes dans une Tokyo soumise

à la politique réactionnaire du VVD. La mort de

Kamiya dans l’attentat de la Bibliothèque fémi-

niste Akiko, orchestré par Kano Kinzo, chef du

VVD, provoque la fuite de sa sœur, Mawatari

Sayoko, qui fonde le Cercle des Poétesses

Tokyoïtes de New York (CPTNY) et la création

de multiples Réseaux de Poétesses Tokyoïtes

partout dans le monde.


… etc.


Arché-Tokyo et Broderies

Il est nécessaire, pour qui voudrait comprendre

l’Arché-Tokyo autant comme moment historique

que comme esthétique, de revenir sur la pratique

des « Broderies » dans les caves de la résistance

tokyoïte à la dictature odonomiesque qui domina pratiquement le monde entier pendant

le XXVe siècle.


Ce qui n’est pas connu, c’est comment se connectèrent

les esprits des poétesses de Tokyo avec celles de Svalbard,

des poétesses de New York avec celles de Niamey. Ce qui

n’est pas connu, c’est le réseau discret des correspondances

clandestines, des arcs narratifs secrets.


Tokyo n’est donc pas une obsession pour cette génération, mais quelque chose de l’ordre de la teinture indigo dans la fibre, dans le derme profond, liquide colorant qui fait corps jusqu’au plus profond de l’intime inconscient. Au risque de détruire le fil, il est impossible, impensable d’en effacer la couleur. La pensée Tokyo est un tatouage indélébile, sauf à brûler la peau.


À la lecture des premières apparitions de “Tokyo”, le mot dans ce texte, l’idée m’est apparue immédiatement que le terme était générationnellement une forme de particule atomique, quelque chose au cœur du cœur du noyau, une idée a-géographique, une tautologie totale, hyperdense, même pas une hyper-marque – aucune trace de marchandisation – ni même une fétichisation mais bien au-delà, ce qui positionne l’ouvrage dans une post-écriture en regard des médiocres écritures courantes de l’infatuation Japon, où Cénaclières ne se situe pas, je pense. Il n’est pas question de Japon dans le livre, ni même qu’accessoirement de Tokyo, mais de Tokyo halo, teinte comme bruit de fond. L’euphorie de la lecture parcellaire n’empêche pas pour autant de ressentir une certaine superficialité, texte qui s’étend comme une nappe colorante, nappe liquide sur la table de la cuisine qui dégouline sans cesse.


Pour l’auteur de ces lignes totalement insensible au collectif d’écriture (collectif de réflexion, oui), allergique à l’idée même d’ateliers et à ses performances, c’est une découverte, qui n’engage à rien, sauf à la reconnaissance que Cénaclières ouvre des pistes.


Tokyo est donc générationnellement affaire de teinture, de tatouage.


Brièvement, à un moment, on voit Tokyo, une géographie obsessive mais le territoire décrit ne dure pas.


Dans la ville de Tokyo soumise à la sur-

veillance stricte des Odonomos, drones géants

gérés par le Bureau central, les poétesses,

activistes et opprimées de la politique répres-

sive du Bureau se cachèrent, dès le début

du XXVe siècle, dans les souterrains de la

capitale japonaise. Utilisant les rames de

métro désaffectées, les réservoirs vides et

l’ensemble du maillage troglodyte de la ville,

elles organisèrent, pendant ce siècle, l’une des

plus formidables résistances à l’une des pires

organisations de contrôle ayant jamais existé

dans l’Histoire.


C’est le mot-teinture, attribution par soi qui ne figure pas dans le texte, qui domine, Tokyo comme Teinture, Teinture comme Tokyo, avec des sous-teintures comme Ebisu, Sumida (nom propre) et quelques autres, phonèmes japonais que l’on mâche dans la bouche avec une délectation implicite, que l’on fait couler entre les mandibules, les gencives, puis que l’on envoie langoureusement glisser dans la gorge. Tokyo liquide gustatif, millésime millénium.


dans Ebisu encerclées par le feu ovale des bombardiers

radiant

comme souvent nous fumons le calumet bourré d’huile

l’une après l’autre précisant notre destination

jamais nos origines


Il m’est évident que l’un des textes exégétiques futurs sur cet ouvrage sera “La représentation de Tokyo dans Cénaclières – analyse chimique teinturiale”.


Il m’est tout aussi évident que ce texte dévoile l’empreinte générationnelle de Tokyo, teinture osmotique qui pénètre au plus profond du tissu de l’imaginaire. Que Tokyo n’a pas lieu d’exister sinon que comme particule élémentaire à venir, lieu-même des catastrophes, son node, sa matrice, son talisman suffisant à soi seul, Tokyo liquide que l’on dira bleu noir profond.


Et pour se procurer le livre papier, quand bien même les versions numériques en ligne sont offertes, il faut trouver un passeur, une mule prête à se charger des 593 grammes de matière reliée – deux verres de saké offerts à l’arrivée, pas un – ce qui impacte de façon non négligeable la limite des 23 kg pour les voyageurs en classe embolie pulmonaire. Chez Lireka, le livre à 20 euros soit 3 500 yens est vendu 4 800 – la livraison c’est cadeau, comme 2+2 = 7. Il ne suffit pas de mentionner ce vendeur dans la catégorie achat “à l’international” pour que la dimension internationale paraisse intégrée au grand tout des possibles de lire. Ce n’est pas du tout le cas. Quand on passe à la caisse numérique distantielle, c’est une douche froide à chaque fois, la confirmation que votre local, Berlin ou ailleurs en Europe, est mentalement handicapé de la pensée internationale justement, de la projection mentale que la lecture, sur papier, est souhaitée à 10 000 km de vos presses.


Technologiquement, encore plus dans un contexte d’impression à la demande, il suffirait d’un protocole pour permettre d’obtenir illico l’ouvrage à ACCEA, chaîne d’impression au Japon, au quart de tour, et donner enfin au terme international un sens, et un doigt d’honneur aux disparus du tarif Livres & Brochure.


Pour le nouvel ouvrage de Nathalie Quintane qui sort le 17 octobre, une mule a été trouvée. Merci.


Notes ébouriffées et décousues donc, comme annoncé en exergue.