Comme annoncé en fin d’année dernière, les sessions thématiques d’Ecrire à Tokyo ne sont désormais plus mensuelles mais uniquement organisées sur la base de propositions et de la réunion préalable d’un nombre suffisant d’intentions de participer.
Suite à une discussion en ligne improvisée avec Ilan Nguyen
je lance un appel à contributions et expression d’envie de participer à une session sur le thème des “Stratégies d’écritures correctives”, titre ballon d’essai sans certitude d’adéquation aux réflexions envisagées.
Clarification :
- Ce qui distingue le discours grand public très contemporain sur le Japon, au moins en français, dans l’écrit pour commencer, c’est l’énorme expansion de ses acteurs hors le canal classique de l’édition diffusée via le livre. Son segment “auteurs incontournables” semble avoir périclité récemment.
- Cette production massive amplifiée par l’IA sature le discours autour du Japon porté par des non-japonais d’un formidable halo de bêtise. Cette production d’idiotie n’est en soi pas nouvelle. Ce qui est nouveau est son volume et l’ultra-positivité associée, deux caractéristiques totémiques.
- A l’origine d’Ecrire à Tokyo se trouvait un ressenti à intensité variable selon les participants d’un malaise vis-à-vis des “grands auteurs” incontournables, pour la plupart non-japonophones, mais étant passés par la case Japon, pour ensuite y gloser sur leur nombril dans le miroir japonais auréolé en conséquence d’un certificat de compétence.
- Sur ce point, il n’est pas question de retourner à la case départ. Le désossement du mamouth de l’engouement pour le Japon exprimé par l’écrit s’est achevé au bout de 63 sessions. On a compris.
- La question exposée par Ilan dans cet échange privé en ligne est sa décision de passer du silence énervé, amusé ou dépité, à une reprise du pouvoir de l’écrit sur le Japon. Que cette volonté d’écrire d’autres choses n’ait et n’aura aucun impact sur le déferlement du discours totalitaire n’entre pas en compte. Ce n’est pas de don-quichotisme dont il s’agit.
- Il se trouve que l’on est probablement à un moment charnière de ce discours nébuleuse massive. Les acteurs écrivants de la japonolâtrie au service de la diplomatie culturelle sont à l’âge de la retraite, ou ont épuisés leurs cartouches, où sont passés à d’autres choses, d’autres lieux et d’autres sponsors. On ne citera pas de noms d’auteurs iconiques. D’autres arrivent ou sont en place mais moins via l’écrit.
- Hormis la déferlante, il semble que le grand remplacement, hors le marketing dont le livre est devenu un outil uniquement pour vendre le Japon - n’a pas eu lieu.
- Le retrait de l’écrit au bénéfice des modes audiovisuels d’expression n’est pas la seule explication, mais quand une destination est devenue un hypermarché de sushis et de bols de nouilles avec portail de temples en perspective, la validité de continuer dans la veine imbu-de-soi-au-Japon pour les auteurs - villa-kujoyamaïsés ou pas - qui monopolisaient cette veine, devient probablement caduque. C’est plutôt de désertion dont il s’agit, aussi face à cette déferlante ingérable et assourdissante.
- La session proposée portera moins sur l’analyse trop facile de cet état des lieux que sur l’état des lieux de nouveaux écrits, et de passages à l’acte de “l’écriture corrective”.
Vous êtes invités à exprimer vos envies de contribuer et participer à une session qui sera programmée en fonction de vos réponses.